Un savoir-faire acquis dans l'aviation
à l'aide du corps

Une avancée technique après la guerre
La prothèse exosquelettique dans son contexte
Cette prothèse en aluminum a été
fabriquée en Angleterre vers 1946
Avant, les prothèses exosquelettiques étaient en bois verni. Ce matériau, solide et facile à travailler, s'usait cependant bien vite.
D'où l'idée de revenir aux prothèses métalliques qui ont existé dans le passé, mais pouvaient être lourdes et prêtaient à la corrosion. Le matériau qui le permit fut l'aluminum. Pour le travailler, il fallait un savoir-faire qui venait d'être acquis dans l'aviation de guerre. Les tôliers, ferblantiers, aluminiers de l'aviation devaient réparer et souder des feuilles minces de métal trouées de balles de mitrailleuse ou endommagées par des éclats d'obus antiaériens. À la fin de la guerre, leur savoir-faire a été mis à profit afin de fabriquer ces prothèses en aluminum dont la principale qualité est la légèreté et un degré de corrosion bien moindre que le bois simplement verni.
Leur défaut était surtout de garder trace des chocs, comme on le voit sur cette prothèse qui date de plus de 50 ans et qui a été très certainement portée. Aussi, la capacité de souder de si minces feuilles de métal n'a jamais été répandue. Mais ce qui a les a supplantées, c'est l'apparition du plastique.
Après, le plastique a permis de laminer le bois, en lui
donnant cette durabilité et cette résistance à la
corrosion qui font qu'aujourd'hui encore c'est le bois laminé qui
est le plus utilisé, à côté de prothèses
entièrement
en plastique, réservées parfois à la natation.
Prothèse en bois actuelle
Après, c'est encore le plastique, sous forme de mousse,
qui a permis de créer
les prothèses dites endosquelettiques, constituées d'un
pilon (articulé dans le cas
d'une prothèse fémorale comme ci-dessous) imitant les
os et de mousse imitant la chair.
Ces prothèses sont apparues dans les années 60.
Prothèse endosquelettique
qui supporte le poids du corps à la manière
des os.
On peut donc admirer la qualité du travail humain à l'oeuvre
dans l'immédiat après-guerre
et par la suite, dans une histoire de progrès technique qui
n'a heureusement pas de fin.
Même les événements tragiques comme la guerre peuvent
jouer un rôle qui n'est
pas entièrement négatif. Tant qu'il y aura des personnes
compétentes et
dévouées pour aider le corps de leurs semblables.
L'exposition technique À l'aide du corps a été réalisée par le Collège Montmorency.
Site Web de l'exposition : Caroline Cotnoir et Pierre Cohen-Bacrie
Collaboration : Pascale Bergeron, Philippe Bussières et Line Toussaint
Mise à jour le : 31 janvier 2007
Merci à Robert Archambault C.P. (C) pour ses explications.
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