Le Monde interactif : Recherche, mercredi 27 février 2002 Retour sur quinze années de prise de conscience • LE MONDE | 18.02.02 | 12h27 Le rapport Brundtland Commandé par les Nations unies, et paru en 1987, c'est le premier grand événement de la courte histoire du développement durable (sustainability, en anglais). Mettant en avant ce principe selon lequel une entreprise doit intégrer dans sa stratégie des préoccupations environnementales et sociales, il fait grand bruit. "Cela faisait une dizaine d'années que ces idées existaient dans le milieu des activistes et des chercheurs, se rappelle John Elkington, fondateur du cabinet Sustainability à Londres, mais d'un coup, le concept, véhiculé par des ministres, a pris une nouvelle dimension." Cette même année est évoqué le lien entre le trou de la couche d'ozone au-dessus du pôle Sud et l'utilisation, dans les aérosols, de chlorofluorocarbones (CFC). Le Sommet de la Terre à Rio Organisé en 1992 par les Nations unies, il est la première tentative pour organiser et financer la sauvegarde écologique de la planète. Au sommet sont adoptés un programme d'action pour le XXIe siècle, appelé "Agenda 21", et notamment, la convention sur le changement climatique global. Les campagnes contre les multinationales. 1995 marque, pour le groupe pétrolier Shell, un tournant : neuf Nigérians opposés à un projet d'implantation du groupe sont exécutés ; Greenpeace s'oppose par ailleurs à la destruction de la plate-forme de Brent Spar, que le groupe voulait couler en mer du Nord... voir séquence Entreprises La multinationale demande à se faire aider par M. Elkington et publie, en 1998, un rapport intitulé : "Profits et principes : avons-nous à choisir ?", une première pour un groupe de cette taille. Entre-temps, d'autres grandes entreprises (Nike, Gap...) font l'objet de campagnes médiatiques critiquant leur attitude dans les pays émergents. Un article sur le développement durable, publié dans la Harvard Business Review, reçoit le McKinsey Award, une distinction annuelle qui souligne les réflexions qui font date pour le monde de l'entreprise. Les événements de Seattle. Les violentes manifestations des mouvements antimondialisation [ou depuis le sommet du G7 à Évian en 2003 d'altermondialisation] lors du sommet de l'Organisation mondiale du commerce, du 30 novembre au 3 décembre 1999, ont marqué le monde des affaires. Les multinationales ont vu "qu'elles avaient à faire à des lobbies très puissants, analyse M. Elkington : des personnes qui n'étaient pas toutes opposées à une certaine mondialisation, mais qui critiquaient la manière de le faire". L'année suivante, 200 entreprises publient un rapport et s'engagent pour un développement durable. Le problème reste de contrôler ce qu'elles affirment. Le Sommet mondial du développement durable. Dix ans après Rio, le deuxième Sommet de la Terre, rebaptisé, se tiendra du 26 août au 4 septembre et devrait accueillir 140 chefs d'Etat en Afrique du sud. En France, suite aux recommandations de Laurence Tubiana, inspectrice générale de l'agriculture et actuellement conseillère pour l'environnement du premier ministre, dans son rapport "Environnement & développement, l'enjeu pour la France" (avril 2000), un Centre international du développement durable vient d'être créé sous l'égide de six ministères (dont les affaires étrangères et l'économie) et de six centres de recherche. L. Be. • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.02.02