Clichés du Viêt nam




HANOI 2002

L'Espagnol Manuel Vazquez Montalban, connu pour ses romans policiers à saveur socio-politique,  fait ainsi penser son héros Carvalho, détective privé aussi iconoclaste que cultivé:   «Il avait lu, quand il lisait encore-lui revenait vaguement le nom de Bowles-qu'entre le touriste et le voyageur se creuse toute la différence qu'il y a entre celui qui connaît les limites de son itinéraire et celui qui s'abandonne à la logique ouverte du voyage» (Le quintette de Buenos Aires, Seuil, p. 14).




Une logique ouverte?   La logique ouverte du voyage?  Quid?  Il faut commencer par la fin si l'on veut essayer de comprendre cette poétique formulation de ce l'on soupçonne être le début d'une réflexion sur le motif de la «découverte» (de qui? de quoi?), c'est-à-dire par maintenant, quatre mois après un «voyage» de trois mois au Viêt nam, d'avril  au début juillet 2002.


Le gérant du Las Vegas est un chinois et il surveille de près les deux jeunes réceptionnistes de jour.



                                        


Un oiseleur offrant ses prises.

Hanoi, le 3 avril 2002
À sept heures du matin, le touriste (ou s'agit-il plutôt d'un voyageur qui s'ignore?) prend ce cliché du balcon du cinquième étage de l'hôtel Las Vegas (et oui oncle Ho!), duong (rue)  Lee Van Huu, Hanoi.  Il s'agit d'un petit resto familial, comme il y en a des centaines partout dans la ville, avec sa cuisine à l'extérieur.   À l'arrivée,  le touriste est assailli par une variété impressionnante de sons, de couleurs, d'odeurs, de saveurs.  Il ne  se doute pas que ses sens sont en train de s'adapter à leur nouvel environnement et il n'a aucune idée de la portée du processus intime qui est alors mis en marche.  Le touriste n'a encore rien «visiter» mais la partie la plus importante du voyage s'inscrit déjà en lui.

 
 




Un musicien ambulant, microphone rattaché à l'amplificateur qu'il porte en bandouilière, mêle sa voix  et sa musique aux bruits de la circulation. Devant lui, un jeune enfant tranporte un autre ampli (pour la guitare) qu'il dépose devant les portes des maisons, cafés et ateliers avant de passer le chapeau.
 La rue: des motos, des autos, des camions et leurs klaxons.  En bas, à gauche du cliché de gauche, une marchande de fleurs qui s'amène et la voilà qui fait son chemin presqu'au centre de la rue.
Ces marchandes de fruits, de fleurs, d'ustensiles de cuisine sont les reines de la rue selon le guide de voyage Neos (parution 2001): «Agées de 30 à 50 ans,...il leur faut travailler par tous les temps, transporter des charges de 40 à 50 kg, partager à plusieurs un abri précaire pour économiser et envoyer 300,000 dongs ($30.00 CAN) mensuels chez elles. Croulant sous les paniers de fruits venant du delta du Mékong,   disparaissant sous des brassées de dahlias et de glaïeuls, ou des articles ménagers en plastique coloré, elles sont des milliers chaque jour, à arpenter les rues de la capitale" (p. 131).


Des centaines de coqs et de petites poulettes sur les trottoirs, de même que des cages d'oiseaux suspendues aux branches des arbres.











Cet oiseau à gauche a, comme on dit couramment, un ramage fort particulier. Il commence par émettre quelques cris stridents, comme on le voit ici sur le cliché, pour ensuite se courber vers l'avant et émettre, d'une voix de baryton, une suite de sons suffisamment articulés pour que l'on ait l'impression qu'il s'agit d'une phrase!  On le stimule encore un peu et voilà qu'il remet cela, se pastichant lui-même, à la manière de Marguerite Duras!
 
Dans Hanoi, que l'on circule à pied, à bicyclette ou à moto, il faut toujours regarder vers l'avant:  on fait confiance à ceux qui viennent derrière!  Les miroirs sur les motos sont d'ailleurs soit retournés vers l'intérieur ou soit tout simplement enlevés;  on risquerait de s'accrocher  tellement on se frôle dans cette circulation dense.

Pour la beauté de la photo.  Merci www.vietnam.reciproque.net.  

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