HISTOIRE DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE

COURS 330-910 RE

Professeure : Viviane Gauthier

 

TRAVAIL DE SESSION (15%)

INFORMATION, CENSURE ET PROPAGANDE AU MOYEN ÂGE

 

OBJECTIFS :

·         Appliquer les méthodes de recherche en histoire.

·         Analyser un phénomène historique à partir de différentes sources : source primaire et sources secondaires (article scientifique et conférence d’un historien).

·         Citer des références et faire correctement une bibliographie.

 

CONSIGNES GÉNÉRALES

 

PRÉSENTATION ET MÉTHODOLOGIE (2 points)

·      Vous devez paginer votre travail, faire une page couverture et une bibliographie qui respectent les normes de votre guide de méthodologie (Pour réussir[1]). (0,5 point) 

·      Votre travail doit être remis au traitement de texte (obligatoire), caractère 12 points et ne pas dépasser 7 pages (excluant la bibliographie) (0,5 point)

·      Recopiez les questions (et leur numéro) avant de répondre.

·      À propos de votre bibliographie et des références

o    La bibliographie doit inclure au minimum 4 ouvrages différents (l’article, la source primaire et deux autres ouvrages que vous aurez vous-même trouvés) que vous devez obligatoirement citer dans votre travail (notes de bas de page) pour en attester l’utilisation. (0,5 point)

o    Il ne vous sera pas permis de recourir à Internet pour ce travail.

o    Quand vous citez textuellement, le texte doit être placé entre guillemets et la référence doit être indiquée en note de bas de page.  (0,5 point)

o    Tout renseignement tiré d’une source secondaire (livre, encyclopédie) doit être accompagné d’une référence en note de bas de page, même si vous ne citez pas textuellement cette source (sans quoi il sera considéré comme du plagiat = 0)

 

QUALITÉ DE LA LANGUE : Jusqu’à 1,5 point (10% de la valeur du travail) pourra être soustrait de la note finale.

 

1.    PREMIÈRE PARTIE : LECTURE ET COMPRÉHENSION D’UNE SOURCE SECONDAIRE (3 points)

 

Le travail des historiens donne généralement lieu à des études (sources secondaires) : livres, articles de revue, thèses, etc.  À partir de l’article  intitulé : « L’Inquisition : l’arme d’un pouvoir  absolu »[2], répondez aux trois questions suivantes (3 à 5 lignes par réponse) :

 

1.1          En quoi les « hérésies » constituent-elles une menace pour l’Église? (1 point)

1.2          Décrivez les moyens employés  par les inquisiteurs pour réprimer l’hérésie.  (1 point)

1.3          Montrez comment les pouvoirs séculiers (civils) appuient l’inquisition et profitent de son travail. (1 point)

 

 


2.    DEUXIÈME PARTIE : COMPRÉHENSION ET PRÉSENTATION D’UNE SOURCE PRIMAIRE (5 points)

 

Pour effectuer leur travail, les historiens recourent à  des sources primaires, c’est-à-dire des témoignages laissés par les acteurs de l’histoire : archives d’établissement, lettres (correspondance), publications, édits, chartes, chroniques, etc.  La Bulle apostolique d’Innocent VIII contre l’hérésie des sorcières en constitue un exemple (voir p. 3-4).  Mais avant d’utiliser une source primaire, l’historien doit s’assurer d’en comprendre le sens et de bien saisir le contexte de sa production.  Répondez à ces quelques questions essentielles concernant cette source primaire en basant vos réponses sur des recherches sérieuses (réponses documentées). Je vous suggère notamment l’article de Marie-Catherine Mérat[3].

 

2.1  À propos de l’auteur (1 point)

-         Rédigez une courte biographie de l’auteur supposé[4] (année de naissance et de décès, fonction ou statut, prises de positions, événement marquant de sa vie, etc.) (5 à 7 lignes).

2.2  À propos du contexte historique (2 points)

-         Décrivez le contexte historique dans lequel ce texte fut rédigé (année de rédaction, circonstance de sa rédaction, par exemple sur les plans géographique, politique, idéologique, religieux, social ou économique) (environ 10 lignes).

2.2  À propos du document (2 points)

-         De quel type de document s’agit-il (légal, administratif, privé, politique, etc.)? Justifiez.

-         À qui s’adresse-t-il?

-         Quels sont les principaux objectifs de ce texte?

 

 

3.    TROISIÈME PARTIE : QUESTIONS SUR LA CONFÉRENCE DE PIETRO BOGLIONI (5 points)

 

Pour compléter cette partie du travail, vous devez obligatoirement assister à la conférence (ou à sa rediffusion), idéalement muni d’un papier et d’un crayon!

 

3.1   Identifiez et décrivez (n’ayez pas peur d’écrire) deux éléments, faits ou autres présentés par M. Boglioni et qui correspondent au contenu de la source secondaire étudiée dans la 1re partie (l’article de revue).  Ces éléments peuvent appartenir au domaine des idées, des événements historiques, de l’organisation sociale ou politique, de la manière de vivre, etc. (2 points)

·         Pour chacun des éléments, établissez clairement les relations entre les propos du conférencier et le contenu de l’article.   Relevez des similitudes, des différences, des nuances ou des compléments d’information, etc. 

·         Dans chaque cas, citez textuellement les passages de l’article qui relatent ces éléments.

·         Pour chaque élément, votre analyse devrait compter une dizaine de lignes.

 

3.2    Quel(s) lien(s) êtes-vous en mesure d’établir entre la source primaire étudiée dans la 2 e partie de ce travail et la conférence de M. Boglioni?  (environ 10 lignes) (1,5 point)

·       Pour bien répondre à cette question, vous devez décrire et expliquer les éléments de comparaison (nommer ne suffit pas). 

·       Attention, ici encore, vous devez citer correctement votre source. 

 

3.3   En quelques lignes, expliquez en quoi le sujet de la conférence de Pietro Boglioni s’intègre dans celui de la Semaine des sciences humaines.  Pour ce faire, reprenez un à un les trois concepts suivants associés au thème retenu cette année: Information, censure et propagande. (1,5 point)

·         Le recours au dictionnaire est permis! 

 

N’oubliez pas votre bibliographie!  Bonne recherche et bonne rédaction!


Extrait de la Bulle apostolique d’Innocent VIII contre l’hérésie des sorcières (1484)

Summis desiderantes affectibus

 

« Innocent, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, en perpétuelle mémoire de la chose : Désirant de tout cœur, comme le requiert la sollicitude de Notre Charge Pastorale, que la fois s’accroisse et s’épanouisse partout et au-dessus de tout en notre temps, et que toute perversion hérétique soit expulsée loin des frontières des fidèles, nous manifestons volontiers notre pieux et saint désir et nous accordons de nouveau les moyens de mettre à exécution. Afin que toutes erreurs ayant été arrachées par l’action de notre ministère comme par la houe d’un ouvrier consciencieux, le zèle de la même foi et de sa pratique régulière soit plus fortement imprimé dans les cœurs des fidèles.

Récemment, en effet, il est parvenu à nos oreilles, non sans nous causer grande peine, que, en certaines régions de la Germanie supérieure tout comme dans les provinces, cités, territoires, districts et diocèses de Mayence, Cologne, Trèves, Salzbourg et Brême, maintes personnes de l’un et l’autre sexe, oublieuses de leur propre salut, et déviant de la foi catholique, se sont livrées elles-mêmes aux démons incubes et succubes : par des incantations, des charmes, des conjurations, d’autres infamies superstitieuses et des excès magiques, elles font dépérir, s’étouffer et s’éteindre la progéniture des femmes, les petits animaux, les moissons de la terre, les raisins des vignes et les fruits des arbres. Aussi bien que les hommes eux-mêmes, les femmes, le petit et le gros bétail, et autres animaux de toutes espèces, les vignobles, les vergers, les prairies, les pâturages, les blés, les grains et plantes légumineuses. Elles affligent et torturent les hommes, les femmes, les bêtes de somme, les troupeaux de petit et gros bétail par des maux et des tourments cruels, internes et externes. Elles empêchent les hommes de féconder, ces mêmes femmes de concevoir; les époux de rendre à leurs épouses et les épouses de rendre à leurs époux les actes conjugaux. Et la foi elle-même, qu’elles sont reçues en recevant le saint baptême, elles la renient d’une bouche sacrilège. Elles ne craignent pas de commettre encore et de perpétrer nombre d’autres crimes et excès infâmes, à l’instigation de l’ennemi du genre humain, pour la mise en péril de leurs âmes, l’offense de la majesté divine et le scandale d’un exemple pernicieux pour beaucoup.

Bien que nos chers fils - Henry Institoris et Jacques Sprenger -, de l'Ordre des Prêcheurs et professeurs de théologie, aient été déjà et demeurent délégués par lettre apostolique comme Inquisiteurs de la perversion hérétique - Henry pour la région susdite de la Germanie supérieure [...]; Jacques pour certains territoires de la rive du Rhin - […], plus d’un clerc et d’un laïc de ces régions, […] ne rougissent pas d’affirmer obstinément que pareils excès n’existent pas dans leurs régions et donc qu’il n’est pas licite à nos délégués de remplir le ministère d’Inquisition dans les […] [lieux cités] et qu’ils ne doivent pas être autorisés à punir, incarcérer et corriger les personnes en cause pour les excès et crimes susdits. Et c'est pourquoi dans les […] [lieux cités] les excès et crimes de ce genre demeurent impunis, non sans danger évident pour les âmes et risque de leur éternelle perdition. Nous donc, désirant comme il incombe à Notre Charge écarter du milieu (du chemin) tous les obstacles quels qu'ils soient qui pourraient retarder de quelque manière l'exercice de la charge des Inquisiteurs eux-mêmes et pourvoir par les remèdes opportuns à ce que la souillure de la perversion hérétique et autres excès de ce genre ne diffusent pas leur venin pour la perte des autres innocents : le zèle de la foi nous y poussant au plus haut point, afin de ne pas voir les provinces, cités, diocèses, districts et localités susdits de la région de Germanie supérieure manquer du nécessaire ministère de l’Inquisition : en vertu de Notre Autorité Apostolique, par les présentes (lettres), nous établissons qu’il est licite aux mêmes Inquisiteurs d’exercer le ministère de l’Inquisition et qu’il faut admettre pour la correction, l’incarcération, la punition des personnes inculpées des excès et crimes susdits ; exactement en tout et partout comme si dans nos lettres précitées les […] [lieux cités] ainsi que les personnes et excès de cette espèce avaient été nommément spécifiés. […]

De plus, par la même Autorité, nous leur concédons la faculté entière et libre, de proposer et de prêcher la Parole de Dieu au peuple fidèle dans toutes les églises paroissiales et ces provinces, autant de fois qu’il sera opportun qu’il leur semblera bon […].

[…] à notre vénérable frère l’évêque de Strasbourg […] nous donnons mandat de faire […] la promulgation solennelle de ces décisions […]. Et qu’il ne permette pas, à qui que ce soit […] [de faire obstacle aux Inquisiteurs]. Et pour ce faire, leurs persécuteurs, opposants, contradicteurs quels qu’ils soient et rebelles de tout ordre, état, position, primauté, dignité, condition de quelques privilèges d’exemption qu’ils soient munis : qu’il les accable par des condamnations, censures et peines d’excommunication, suspenses et interdit ou autres plus redoutables (dont il est juge), tout droit d’appel leur ayant été enlevé. Et même qu’il prenne soin, dans les procès justement menés par lui en ce domaine, autant que ce sera nécessaire, de par Notre Autorité Suprême, d’aggraver et aggraver encore les justes condamnations, en appelant si besoin est au secours du bras séculier. […]

Donné à Rome près saint Pierre, l’année quatorze cent vingt-quatre de l’Incarnation du Seigneur, le cinq décembre, de notre pontificat la première. »

 

 

Source : INNOCENT VIII, « Teneur de la Bulle apostolique contre l’hérésie des sorcières » cité dans Henry INSTITORIS et Jacques SPRENGER. Le Marteau des sorcières (Malleus Maleficarum), 1486. Texte traduit du latin et présenté par Amand Danet, 2e édition, Grenoble, Édition Jérôme Million, 2009, p. 93 à 95.

 



[1] Bernard DIONNE.  Pour réussir.  Guide méthodologique pour les études et la recherche, 5e édition, Montréal, Beauchemin, 2008, p. 217 à 220.

[2] Emmanuel MONNIER. « L’Inquisition : l’arme d’un pouvoir  absolu » dans Les cahiers de Science et vie, no 102 (décembre 2007-janvier 2008), p. 51 à 54.

[3] Marie-Catherine MÉRAT, « Le démon ou la science du mal », Les cahiers de science et vie, no 105 ( juin/juillet 2008), p. 34 à 37.

[4] Vous devez faire une note de bas de page afin d’indiquer votre référence en respectant les normes de votre guide Pour réussir.  Vous pouvez citer textuellement une notice biographique à condition de la mettre entre guillemets.  Si vous amputez la citation, vous devez l’indiquer convenablement ([…]).  N.B. même si vous reformulez dans vos propres mots, vous devez indiquer votre référence.