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Étudiant.e.s 4. Évaluer l’information

Pourquoi évaluer l’information?

Il est essentiel d’user de son esprit critique lorsqu’on s’informe, mais déterminer de la qualité, la fiabilité et la pertinence de l’information n’est pas une tâche aisée.

Cette page vous propose de l’information pour vous épauler dans votre évaluation.

Des questions? Des doutes? N’hésitez pas à communiquer avec l’équipe de la bibliothèque!

 

Sommaire de la page

Évaluer l’auteur

Où se trouve l’information?

L’information est-elle de qualité?

Exercez-vous!

Attention :  désinformation et mésinformation

La désinformation sur le Web

 

Évaluer l’auteur

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À déterminer

Qui est l’auteur? 

Est-ce que l’auteur ou l’organisation possède de l’expertise en lien avec le sujet traité?

Quel est le but de l’auteur ou de l’organisation?

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Un ou des individus

Peut-il, peut-elle être identifié.e facilement ?

La source est anonyme ou signée par un pseudonyme?

Vous n’arrivez pas à identifier la ou les personnes qui ont produit l’information?

  • Attention!
    • Il est donc presque impossible de garantir que l’information trouvée sera de qualité.
      • Pourquoi? L’auteur (une personne, plusieurs ou une organisation) porte la responsabilité de ce qu’il ou elle affirme.

 

Quelle est son expertise ? : Quel est le métier de l’auteur.trice? Sa formation?

    • Assurez-vous que l’expertise de la personne soit en lien avec le sujet traité.
  • Attention!
    • Méfiez-vous des affirmations faites par des personnalités publiques ou des célébrités qui n’ont pas d’expertise dans le domaine.
    • Méfiez-vous des pseudo-experts qui présentent de manière malhonnête leurs qualifications.
      • Par exemple, quelqu’un qui utiliserait son statut de docteur (PhD) pour se donner de la crédibilité, mais qui omettrait de mentionner que ses études ont porté sur un domaine qui n’est pas relié à la problématique sur laquelle il se prononce.

N’hésitez pas à faire des recherches sur l’identité et l’expertise d’un auteur!

 

Une organisation

Truc : sur un site Web, on trouve généralement une section décrivant l’organisation (ex. « Qui sommes-nous? » « À propos de », « Mission », « À notre sujet », etc.). Par exemple, voici celle du Collège.

 

Institutions d’enseignement supérieur (université, collège, cégep, école professionnelle, etc.) : les informations produites par celles-ci sont généralement de qualité supérieure puisque les travaux sont faits par des experts.tes du domaine (professeurs.res et étudiants.tes aux cycles supérieurs).

 

Gouvernements : l’information offerte par un gouvernement est généralement de qualité puisqu’elle tend à être plutôt neutre et basée sur des données recueillies (sondages, statistiques, etc.) et de l’analyse d’experts.tes.

 

Organisations très généralement fiables :

  • les instituts de recherche (Institut Pasteur, Institut de cardiologie de Montréal, Centre hospitalier universitaire de Montréal, etc.),
  • les organisations humanitaires (l’UNICEF, Médecins sans frontières, Reporters sans frontières, Amnistie internationale, L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, etc.),
  • les fondations (Fondation du docteur Julien, Société canadienne du cancer, etc.)
  • les organismes à but non lucratif (le FRAPRU, Juripop, etc.)
  • les agences spécialisées (Organisation mondiale de la santé, Agence mondiale antidopage, etc.)
  • les institutions internationales (l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, etc.)

Ce sont des types d’organisations qui possèdent une importante expertise, présentent fréquemment des études et des compilations de statistiques et étudient de près des phénomènes et des situations. N’hésitez pas à prendre connaissance de la mission de l’organisation pour en savoir plus sur son rôle.

À noter : Ne soyez pas surpris.e si les communications des gouvernements ou des organisations ne sont pas « signées » par une personne spécifique (rapports, pages Web, etc.). C’est que l’information présentée a été approuvée et est cautionnée par l’institution entière.

 

À évaluer scrupuleusement : 

Entreprises, marques : Le scepticisme est de mise puisque le profit est l’objectif premier.

Groupes d’influence, lobbyistes : Leur objectif est d’influencer l’opinion publique ou la classe politique (changer des règlements, des lois, etc.). Ce n’est pas toujours une mauvaise chose, mais il faut rester vigilant.

 

À la lumière des informations recueillies, vous serez en mesure d’identifier le but de l’auteur ou de l’organisation :

Vendre un produit ? Convaincre la population ? Partager ses connaissances ?

 

Où se trouve l’information?

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À déterminer

D’où vient l’information?

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l’on trouve une source est un bon indicateur de sa crédibilité et de sa qualité. (Évidemment, restez critiques!)

Livre : Les ouvrages se trouvant dans les bibliothèques d’institutions d’enseignement supérieur ont fait l’objet d’une sélection par des spécialistes (techniciens.nes en documentation et bibliothécaire). La qualité de l’information est donc généralement haute.

  • À vérifier :
    • Quelle est la crédibilité de la maison d’édition?
    • Publie-t-elle beaucoup d’ouvrages scientifiques ou savants?

Bases de données

  • Revue scientifique ou savante : La présence d’un comité de lecture, et donc d’une évaluation par d’autres experts.tes du domaine, en est garant. (Ex. The Lancet, Science, Voix et Images, etc.) Très grande crédibilité et qualité.
  • Revue de vulgarisation : L’objectif des revues de vulgarisation (comme Québec Science, Historia, Sciences Avenir, etc.) est de communiquer au grand public des informations généralement issues des découvertes scientifiques et savantes, de les mettre en contexte et en lien. Très grande crédibilité et qualité.

Site Web :

  • Institution d’enseignement supérieur (Ex. : université, collège, cégep, école professionnelle, etc.)  : thèse, mémoire, article savant ou scientifique. Très grande crédibilité et qualité.
  • Site gouvernemental : (.gouv, .gc.ca, etc.) présente des rapports, des statistiques, etc., parfois difficiles à obtenir ailleurs.Très grande crédibilité et qualité.
  • Journal ou média : L’objectif est de communiquer au grand public des événements de l’actualité. (Ex. Radio-Canada, Le Devoir, etc.) Bonne crédibilité et qualité. Assurez-vous cependant que ce soit pertinent pour votre besoin d’information.
  • Wikipédia : Si l’information qu’on trouve sur l’encyclopédie collective peut aider à se familiariser avec un nouveau sujet, elle peut rarement être utilisée dans un travail (vérifiez avec votre enseignant.e!) parce qu’aucun auteur n’est identifié formellement.
  • Blogue personnel : Plusieurs expertes et experts possèdent des blogues personnels où ils partagent leurs réflexions et leurs découvertes. Cependant, c’est aussi le cas pour des pseudo-experts, qui peuvent faire toutes sortes d’affirmations, sans conséquence. À évaluer attentivement.
    • S’il y a de la publicité, le contenu publicitaire se détache-t-il clairement du contenu informationnel ?
    • Les hyperliens sont-ils pertinents?
    • Le contenu est-il de qualité? (voir prochaine section)

 

L’information est-elle de qualité?

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À déterminer

La langue est un signe de la qualité du texte.

L’information repose sur des faits et des raisonnements solides.

Les sources peuvent être retrouvées et sont de qualité.

C’est en lien avec votre sujet d’étude et encore d’actualité.

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Langue

  • Y a-t-il des erreurs de français? C’est généralement un moyen rapide d’écarter les travaux qui ne sont pas sérieux.
  • Le texte est-il de qualité? Du vocabulaire spécialisé, la présence de nombreux termes propres au domaine précis.
  • Le ton du texte est-il neutre?  Un ton neutre, peu ou pas de phrases exclamatives.

Rigueur

  • Est-ce que l’information repose sur des faits et des arguments théoriques solides ?
  • Les sources sont-elles indiquées? Absolument essentiel!
    • On doit retrouver une bibliographie (dans le cas des livres spécialisés, des articles scientifiques et savants)
    • Ou la mention des sources (dans les articles de journaux et de médias ou de revues de vulgarisation).
      • Dans tous les cas, n’hésitez pas à les vérifier.
  • La méthodologie est-elle présentée? Dans les documents présentant une méthode scientifique (articles, livres, etc.), la méthodologie doit nécessairement être présente. On pourra alors vérifier la solidité de l’information (L’échantillon est-il statistiquement significatif? L’étude portait-elle sur des humains ou des animaux?, etc. )
  • Validité : L’information peut-elle être validée par d’autres sources?

Voir à ce sujet cet outil d’analyse sur le site d’Infosphère de l’UQÀM.

Pertinence

  • En lien avec votre sujet :
    • Assurez-vous que la ressource soit bien en lien avec votre sujet.
      • Consultez la table des matières, le résumé ou l’abstract de l’article, les tableaux et les graphiques pour vous faire une idée rapidement.
    • Et qu’on vous offre le type de données dont vous avez besoin (statistiques, analyse, comparaison, etc.).
    • Est-ce que la ressource correspond au besoin que vous voulez en faire?
      • Si vous faites un travail d’analyse poussée, un vox pop sur le phénomène ne sera probablement pas très pertinent.
  • Actualité du contenu : Est-ce que l’information est récente?
    • Pour une recherche sur les avancées médicales ou sur les effets des gaz à effet de serre, vous aurez tout avantage à préférer les documents qui ont été publiés récemment. En effet, certains domaines de pointe évoluent constamment et l’information devient vite périmée.
    • Inversement, si vous voulez savoir ce que pensaient les Québécois du gouvernement Duplessis, il peut être préférable de rechercher des documents de ces années-là, puisque vous aurez directement accès à l’opinion publique de cette époque.
  • Provenance du contenu : Quelle région géographique est concernée? Est-ce pertinent pour votre recherche?
  • Quel est le public visé? Expert? Grand public? Débutant?
    • Bon à savoir! : Le contenu des bibliothèques est sélectionné de façon à répondre aux besoins de ses utilisateurs et utilisatrices. Dans une bibliothèque collégiale, vous trouverez des documents qui devraient répondre à vos besoins.

 

Exercez-vous à évaluer la pertinence d’une source.

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Exercez-vous!

En bref, l’évaluation de la qualité de l’information consiste à questionner l’information elle-même. Aiguisez votre jugement avec ce tutoriel.

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À l’aide du Tableau des critères de Diapason ou du Foutaisomètre, exercez-vous à évaluer les documents suivants :

 

Attention… Désinformation et mésinformation!

Quelques cas typiques de désinformation ou de mauvaise interprétation de l’information.

Aux médias sociaux : Portez une attention particulière à l’information que vous trouvez par l’entremise des médias sociaux. Aucun contrôle rigoureux n’est effectué par Facebook, Instagram, Twitter, etc.

Aux affirmations en opposition avec l’avis généralisé des experts.tes du domaine : dans les médias et sur les médias sociaux, il arrive qu’on accorde parfois une place disproportionnée à une minorité de spécialistes qui ont un avis contraire à la majorité.

  • Ne perdez pas de vue que cela peut venir d’influences indues (ex. : un scientifique qui serait financé par une compagnie de vapoteuses) ou d’un désir d’obtenir plus d’attention médiatique de leur part.
  • Polémistes et militants politiques auront tendance à souligner les données qui vont dans le sens de leurs croyances tout en masquant celles qui pourraient contredire leur argumentation. Il est toujours préférable de valider une source de cette provenance en la recoupant avec d’autres sources considérées comme plus neutres.

Aux solutions « trop belles pour être vraies » : « Cet aliment va complètement soulager vos maux de dos! »

  • N’oubliez jamais qu’un nombre impressionnant de groupes de recherche travaillent à travers le monde et qu’une solution simple et peu coûteuse serait idéale.
  • Si vous n’êtes pas en mesure de savoir si une information est le fruit d’une recherche scientifique sérieuse, recoupez ce que disent plusieurs textes différents. L’information la plus fiable sera celle qui se retrouvera dans le plus de textes différents.

Au complotisme : « Tous les gouvernements nous cachent la vérité sur ce phénomène! »

Aux absolus : « Ce traitement est sûr à 100%! » En science, les certitudes absolues sont rares.

Aux études scientifiques mal interprétées : les études scientifiques sont généralement rédigées dans une langue difficile à comprendre pour ceux et celles qui ne connaissent pas bien le domaine. Elles sont pourtant parfois rapportées dans les médias généralistes de manière simpliste, voire incorrecte.

  • Par exemple, les études sur des animauxaux résultats surprenants effectuées  sont parfois rapportées dans les médias et les médias sociaux comme si ces résultats s’appliquent aussi aux humains. C’est rarement le cas!

 

La désinformation sur le Web

L’équipe des Décrypteurs de Radio-Canada offre une ressource intéressante avec de brèves formations sous la forme d’ateliers conversationnels. Des ateliers sur les fausses nouvelles, la vérification des images ou vidéos, les manipulations et les hypertrucages, etc. pour mieux vous outiller contre la désinformation qui circule le web.

Comment combattre la désinformation